Histoire du château de Laclaireau Plan d’accès






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Un peu d'Histoire...


Dans le Sud-Luxembourg belge, la seconde moitié du XIXe siècle fut propice à un important développement socio-économique, et beaucoup d'édifices anciens - avec des bonheurs divers - y furent soit remplacés, soit modernisés et agrandis. Il en fut ainsi de plusieurs églises, d'institutions d'enseignement, et de tous les châteaux. La seigneurie de Laclaireau, à l'écart nord-est du village d'Ethe, fut à cet égard l'unique exemple d'un lustre perdu puis retrouvé grâce à la construction d'un château entièrement nouveau, élevé en site propre.
Bien que l'ensemble soit resté jusqu'en 1977 aux mains d'une seule famille, et n'ait formé qu'une propriété, il y a donc lieu de distinguer ce que l'appellation populaire désigne encore aujourd'hui sous le nom de Vieux Laclaireau (ou Vieille Claireau), et Nouveau Laclaireau.

Les anciennes installations

Le Vieux Laclaireau se situe en fond de vallée, au bord du Gros Ruisseau (ou Ruisseau de Laclaireau), affluent du Ton. Il s'agit d'une installation de forges, dont le première trace officielle remonte à 1427 : le Duc de Luxembourg accordait à Andrieu LE XARDE, le droit de réédifier les usines de Laclaireau. Les activités se poursuivent vers 1560, époque à laquelle la famille de VILLERU, propriétaire depuis 1472, adopte le patronyme " de LA CLAIREAU ". Celui-ci se transmettra en 1666 lors de la vente à Jean POSCHET , aïeul des divers possédants, jusqu'à la fin du XVIIIème siècle. Le domaine passe alors par héritage de Nicolas Louis de L'ESPINE de LACLAIREAU, assassiné mystérieusement chez lui le 20 décembre 1775, à son gendre le Comte Giraud de BRIEY. Cette famille est encore propriétaire d'une partie du domaine à l'aube du XXIème siècle.

La qualité du minerai rendait le fer produit ici propre à un usage architectural ou militaire qui fit la renommée des usines. Laclaireau pourvut par exemple les fortifications de Luxembourg en 1493 et de Virton en 1551, et sa seule industrie donna son nom - chose exceptionnelle - à une seigneurie, qui forma une entité administrative distincte.
Les bâtiments évoluèrent constamment, en fonction de leur développement. Seules aujourd'hui restent visibles, dans leur cadre romantique, la maison du facteur de forges, la ferme attenante, et les ruines du moulin et de deux bâtiments secondaires. Les sources font cependant état de haut-fourneau, halle, scierie , ainsi que platinerie et fenderie à proximité. Les étangs servaient l'un de bassin de retenue pour l'alimentation des forges, l'autre de douves pour un château à trois corps de bâtiments en U. Edifié par le Comte Charles-Philippe de l'Espine vers 1740, il était agrémenté de jardins à la française. Le château et les forges furent détruits par les révolutionnaires français le 17 avril 1794, mais seules ces dernières furent reconstruites, dédommagées par la République, pour conserver leur notoriété sous l'Empire.
La vallée de Laclaireau a été classée site naturel protégé en 1995.

Le Nouveau Laclaireau

Après la chute de Napoléon, le Traité de Vienne, fermant le marché français, précipita la ruine des forges, malgré de louables tentatives pour relancer l'activité sidérurgique.
Sur le plateau dominant la vallée, une nouvelle construction sembla vouloir se démarquer d'une époque révolue, tout en réaffirmant le prestige du Comte Camille de Briey (1799-1877), ministre et parent du Roi Léopold 1er.
Le Nouveau Laclaireau - le château actuel et sa ferme, dotés de jardins au sein d'un parc arboré de 15 Ha - fut conçu comme un site autonome, qui ne se rapporte à l'ancien que sur le plan paysager.
Le château connut un destin peu mouvementé. Construit de 1852 à 1855, sur les plans de l'architecte parisien A. DECLOUX (1824-1868), il servit d'hôpital en 1914 : des combats meurtriers de la bataille de Virton se déroulèrent dans les environs, et jusque dans le parc, le 22 août. Les Américains l'occupèrent également en septembre 1944, lors du 2e conflit mondial.
N'ayant subi aucun dommage, il développe encore son plan rectangulaire, sur trois corps de bâtiments. Seule la partie centrale fut d'abord élevée, complétée, sans doute entre 1860 et 1870 selon la tradition, par les ailes qui lui confèrent une allure Renaissance. Cette évolution apparaît çà et là à l'intérieur : détails décoratifs de fenêtres dissimulés sous les plâtres, embrasures reconverties en placards ou en conduits de cheminée, modifications de la charpente, etc...
La façade principale, exposée au Sud, est en calcaire bajocien local, travaillé en parement dressé. Elle montre deux niveaux d'habitation, disposés sur cinq travées au-dessus des ouvertures des caves. La toiture à trois bâtières indépendantes à croupes offre deux niveaux supplémentaires : chambres de la domesticité, éclairées de " chiens-assis ", encadrés d'ailerons en forme de rotulus déroulé, et greniers percés de lucarnes et de tabatières.

La décoration des façades s'inspire du style Louis XIII : pilastres sur culots plats, frontons de fenêtres semi-circulaires ornés de coquilles, oculi, baies à linteaux déprimés, profilées en quart-de-rond, etc.
Outre l'imposante élévation de sa toiture, l'animation est rendue par de multiples décrochements, et par l'élément atypique que constitue l'oriel en surplomb de l'entrée. Cette étonnante loggia, richement décorée de motifs naturalistes stylisés et de monogrammes, pourrait être d'influence russe, le Comte de Briey ayant occupé un poste diplomatique à Saint-Petersbourg. Un équilibre particulièrement sensible du dehors est obtenu par l'unité des matériaux, l'harmonie des proportions et l'étude de la luminosité : en effet, l'examen comparatif des relevés permet de déterminer une modulation identique des façades avant et arrière, et du plan terrier, aux proportions 30°-60°, de sorte qu'ils peuvent être rabattus l'un sur l'autre.
Les ouvertures respectent également cette modulation. Compte-tenu de son édification en deux temps, on peut considérer la chose comme une prouesse architecturale. En outre les nuances de teintes aux diverses périodes de la journée accentuent l'intégration des formes au sein de l'environnement naturel.

Sur les autres façades, l'utilisation de matériaux progressivement moins riches (brique sur les côtés, et pierre de tout-venant enduite à l'arrière), semble démontrer quelques restrictions budgétaires. Elles sont perceptibles également dans l'inachèvement de détails décoratifs, à l'intérieur comme à l'extérieur : certains blasons ne sont pas armoriés, des rotulus ne sont pas taillés, les divisions des pièces sont parfois faites de matériaux de rencontre (indifféremment pierre, brique et torchis). Sur les façades latérales, l'appareillage mixte brique et pierre possède toutefois une valeur esthétique grâce aux différences de tons et de taille.
Quelques éléments font encore référence à la tradition des Maîtres de Forges et à l'utilisation nouvelle de la fonte en architecture : les descentes d'eau, les corbeaux soutenant l'oriel central, ainsi qu'au rez-de-chaussée, une cheminée de style Louis XV furent sans doute fondus dans un établissement local (Laclaireau, ou Pierrard, également propriété du Comte de Briey).

A l'intérieur, le prestige qui se dégage des lieux est surtout redevable à l'impressionnant hall d'entrée néo-classique de douze mètres de haut. Il est soutenu sur quatre niveaux (deux étages et deux entresols) par dix colonnes corinthiennes ou lisses. Les murs et couloirs sont rythmés de pilastres stuqués semblables. La décoration des salons et des chambres fait par contre preuve de sobriété, en-dehors de quelques beaux plafonds à caissons Louis XIII stuqués, au rez-de-chaussée. Jusque dans la seconde moitié du XX° siècle, les murs s'ornaient de fresques néo-renaissance, de moulures en trompe-l'œil, et de tapisseries anciennes qui ont malheureusement disparu au gré des propriétaires successifs, et qu'il n'a pas été possible de restituer. Malgré sa petitesse, le château abrite une jolie chapelle de style néo-roman sous croisée de voûtes, desservie par une sacristie. Son installation, sans doute contemporaine de la deuxième phase d'aménagement, joue à merveille du système d'entresols qui prévaut ailleurs, et ménage ainsi deux niveaux : un rez en cave, destiné au personnel, et communiquant avec les communs, et un jubé réservé à la noblesse, et accessible par le hall.

Le modernisme de la conception apparaît dans les équipements de confort : depuis les étangs, un bélier hydraulique alimentait le château en eau, assurant par le fait une distribution vers des sanitaires complets ; le chauffage, centralisé en cave, était à pulsion d'air chaud, dirigé dans l'épaisseur des murs par des conduits, relayés dans chaque pièce par les feux ouverts à récupération de chaleur ; le gaz assurait l'éclairage ; les cuisinières étaient à bois ou à charbon. A ces équipements succédèrent très vite - déjà vers 1910 -, le chauffage central avec radiateurs, et le raccordement électrique. Un puits intérieur fournissait l'eau potable, tandis que sous les caves et hors les murs, un réseau de citernes et de puits perdants récolte toujours soit les eaux usées, soit les eaux de pluie. Enfin, les fondations de la façade principale sont assainies par un vide ventilé. La conception générale apparaît donc comme un compromis intelligent entre les tendances de l'époque, sensible aux mouvements artistiques antérieurs, mais attentive aux innovations industrielles préfigurant le modernisme en province.

L'organisation quotidienne dans les grandes demeures de la fin du XIXème siècle, qu'elles soient de la haute bourgeoisie ou de la noblesse, diffère sensiblement de ce qu'elle fut à des périodes antérieures : le personnel domestique apparaît moins attaché à une personne en particulier qu'à la maison comprise comme un tout . A Laclaireau, il possède des appartements séparés, d'un confort presque équivalent, bien que plus modestement décorés: les pièces de vie - cuisines et salle-à-manger - sont au sous-sol, proches des espaces logistiques, tels que les celliers et autres réserves. Les chambres et salles d'eaux se trouvent au second étage ; on y accède par un escalier de service, séparé des étages nobles (rez-de-chaussée et premier étage). Lui seul dessert en outre les greniers et des lingeries dans les entresols. Les appartements de la noblesse revêtent la forme de suites individuelles, comprenant une ou deux chambres, et une salle de bain attenante. Cette manière de faire - qui inspira ensuite les établissements hôteliers, permet une vie autonome à chaque catégorie d'occupants, tout en ménageant les relations harmonieuses de la vie familiale, ou pour les besoins du service.
Il est frappant de constater combien la mentalité du personnel est éloignée des mouvements sociaux du milieu ouvrier de l'époque : nombre d'ouvrages éducatifs témoignent des règles de bienséance et de respect imposées aux deux communautés vis à vis l'une de l'autre ; et n'était une hiérarchie courtoisement, mais fermement établie, la noblesse pourrait y apparaître en quelque sorte comme une forme d'entreprise familiale, pourvoyeuse d'emploi stable et valorisant, dans un environnement agréable.

La ferme paraît postérieure au château Elle est sans doute contemporaine des ailes et montre une modification plus ambitieuse du projet en L renseigné sur le plan du parc. Sa disposition en H permet la distinction des zones d'activités : l'arrière, presqu'en quadrilatère ouvert au Nord, est accessible par un porche percé dans son corps Est. Il est à vocation agricole, tandis que l'avant, tourné vers le Sud, abritait les écuries et les véhicules hippomobiles de la noblesse. A travers le corps médian perpendiculaire, une porte cochère relie les deux fonctions. Il est surmonté d'un élégant colombier à couverture campaniforme, sommé d'un épi à quatre pans. La façade " à vue " manifeste son homogénéité avec les façades latérales du château, par l'adoption semblable d'un appareillage mixte pierre de taille et brique, selon la formule " squelette - remplissage des vides " fort harmonieuse. Des jardins reliaient jadis les deux monuments. L'arrière reprend des principes ruraux plus traditionnels de pierre couverte d'un enduit de chaux. Particularité : un jeu de terrasses entre le château et cette partie des dépendances donne à celles-ci un aspect " enterré " ; on y remarque une volonté soit de séparer les zones de services des activités nobles, voire de les occulter, soit d'assurer à l'exploitant un statut plus indépendant que par le passé.

Le parc est issu d'un vaste projet de 1856, dû à l'architecte messin KLEINHOLT qui signa également, pour le Marquis de Lambertye, celui du château de Cons-la-Grandville (F-Dpt de la Meuse).
Bien qu'il y intégrât encore le site du Vieux Laclaireau, certains détails ne furent pas exécutés : l'accès à route fut par exemple réalisé plus à l'est, avec des moyens plus modestes, tout en respectant le même principe visuel : le portail d'entrée est placé dans l'axe du château, mais l'accès contraignait le visiteur à effectuer une boucle pour s'approcher du bâtiment, de manière à mettre en valeur la riche volumétrie de la façade, et à illustrer la variété de l'environnement : Etendues d'herbe, boqueteaux et parterres floraux savamment disposés, agrémentaient les lieux, selon un goût inspiré du Romantisme anglais. Les éclaircies à chaque point cardinal, et les sentiers pratiqués dans le massif forestier ménageaient des perspectives, depuis ou vers le château, en fonction de l'oro- et de l'hydrographie locales. Ils reliaient visuellement et physiquement l'ancien et le nouveau Laclaireau. Des arbres aux essences rares furent offerts par la famille royale, sous Albert 1er.


La restauration du château.

Une évolution dommageable...

Les descendants de Camillle de Briey, nonobstant les difficultés de la crise économique de 1973, avaient eu à cœur de préserver un ensemble harmonieux. Un démembrement peu scrupuleux affecta le domaine après la vente à M. Van Bellingen en 1979.

La ferme fut tout d’abord divisée en deux, acquise pour l'arrière par son exploitant, grâce au droit de préemption, et pour l'avant par un particulier.
Le château lui-même se trouva séparé et les jardins de liaison devinrent sans objet. La demeure est aujourd'hui située au fond d'une parcelle réduite à 6 Ha, et assez mal répartie. En dépit des plans de secteur, son voisinage immédiat, et une partie du parc, font l'objet d'un usage sans rapport avec la destination première. Peu à peu, les éléments constitutifs du parc sont détruits, les arbres remarquables abattus, et remplacés par des essences courantes exploitées intensivement : peuplier à courte rotation, épicéa et mélèze, qui nuisent à la diversité du site. Un talus incongru sépare la ferme et le château. Quant au portail d’accès, vendu sur une parcelle à l'écart, il fut démoli par son propriétaire en 1998. Quelques petits édifices secondaires, comme une glacière, rendus inutiles, subirent le même sort .

…et une nouvelle vie.

Par bonheur, Laclaireau doit à l'éloignement des zones urbaines, d'avoir conservé son écrin naturel. La réhabilitation du site fut initiée en 1988, par le fruit d'un accord original - sorte d'échange de bons procédés - entre les intérêts partagés et la philosophie commune de Madame BOULANGE-BERTINCHAMPS, propriétaire, et M. Didier CULOT, historien de l’art et actuel conservateur du Musée gaumais (Virton). Par le biais d’un bail commercial utile pour générer les ressources nécessaires, ce dernier souhaita donner au site une vocation culturelle.

Les défis furent nombreux.
Les avatars des ventes successives avaient fait leur œuvre, amputant le domaine de vastes portions. Au-delà de la simple rénovation d’une demeure à l’abandon, la démarche du restaurateur voulut restituer une apparence d'unité à un patrimoine démembré.
De fait, le château de Laclaireau, comme tant d’autres demeures de plaisance, ne s’inscrit pas par hasard dans son environnement. Du plan paysager de KLEINHOLT peut se déduire une implantation soigneusement étudiée. L’étendue du parc, le versant d’exposition, les vents dominants, les plantations, les perspectives ménagées vers des centres d’attrait au quatre points cardinaux furent autant d’éléments qui firent d’un château - dont les proportions avaient dû être réduites - une demeure digne du rang du Comte de Briey (1).

Lié par les nouvelles limites et la nécessité de conduire un accès rectiligne, M. Culot adopta le principe français de la symétrie pour le réaménagement du parc. Bien qu'il annihile le jeu des volumes, il permet une vue d'ensemble conservant le château comme point d'attrait principal et retient en outre l’éventualité d’une reconstitution au moins partielle de l'ensemble. Cet axe central est en effet prévu pour se raccorder le cas échéant au portail d'origine. Il est bordé de dix-huit platanes, symbolisant le délai pour l'aboutissement du projet (1988-2006) conclu par Madame BOULANGE et M. CULOT. L'alignement de cette drève tient compte de la distribution des zones boisées, et se place à dessein à égale distance du château et du portail, laissant de part et d'autre de larges zones dégagées. Devant le château, cet espace fut animé par des jeux d’eau au milieu d’un bassin circulaire. Au château de Laclaireau, l’essence ornementale de prédilection est l’if (taxus baccata) dont plusieurs sujets libres sont repérables dans le parc. Deux imposantes pyramides taillées, comme un rappel des ailes du château, en flanquent la façade, faisant écho aux amples hêtres pourpres – derniers arbres d’origine – et aux formes géométriques des lauriers. Il est peu à peu planté d'arbustes et de parterres de fleurs réguliers. Les bois, appauvris en sujets remarquables, furent assainis, et certains jeunes arbres sélectionnés en vue de leur développement. Le château de Laclaireau est harmonieux en toute saison, lorsque les ocres ensoleillées du soir se fondent dans les graduations de vert, où lorsqu’un jaune éclatant se jette sur un fond neigeux.

Quant au monument lui-même : problèmes de stabilité, gros-œuvre, toiture, exposition aux intempéries d’un immeuble isolé en milieu naturel, fonctions d’un lieu dépourvu des équipements modernes comme les égouts et le réseau public de distribution d’eau. Tout fut prétexte à réflexion sur la réhabilitation d’un site conçu jadis pour vivre en autarcie.
C’est aussi le respect du passé qui tint lieu de fil conducteur aux aménagements intérieurs. Au-delà de la recherche d’archives, de documents anciens, de meubles originaux, des examens précis permirent de cerner la démarche du Comte de Briey dans son premier projet : partant d’une première maison carrée de forme massive à quatre façades, dont les détails restent bien discernables dans la charpente et sous les plâtres actuels, ils dévoilèrent ainsi des moulures et des embases décoratives, des baies réutilisées en cheminées lors de l’adjonction des ailes. Une mission photographique de l’Institut Royal du Patrimoine Artistique (Bruxelles) détermina une chronologie de papiers peints superposés depuis le 19ème siècle. Les travaux de rénovation tinrent compte des équipements anciens dignes d’intérêt: modernisés et complétés, ils illustrent l'histoire du bâtiment, tout en l'adaptant aux contraintes actuelles.

Le château, constamment en travaux, fut affecté à des expositions d'art, à des réunions d'affaires et à des salons d’antiquités jusqu’à l’échéance du contrat en 2006, ponctuée par la commémoration de son 150ème anniversaire. Soucieux de lui conserver son identité première et d'un équilibre entre ces destinations variées, le programme de restauration s’était attaché à restituer une atmosphère conforme à l'esprit des lieux, plutôt que se préoccuper de tendances contemporaines éphémères.

Mesurée dans sa démarche, saluée par la presse et les organismes patrimoniaux, la reconversion du château de Laclaireau apparaît en tout cas comme un sauvetage réussi, auquel, il faut l'espérer, l'avenir ne fera qu'ajouter, plutôt que retirer.


(1) Les courriers échangés entre l’architecte Decloux et le Comte Camille font état de conditions financières qui contraignent le maître de l’ouvrage à réduire l’enthousiasme de l’auteur de projet. Decloux avait semble-t-il vu grand, presque le double de ce qui fut finalement construit.

Article revu et augmenté d’après : LE CHATEAU DE LACLAIREAU, 1999 in : WARZEE G. (coord.), Le Patrimoine Moderne et Contemporain de Wallonie, Namur, pp. 353-357.

Crédits photographiques : Didier Culot, sauf "Nouveau Laclaireau, vers 1970" : Ed. Combier à Mâcon

Bibliographie :
BOURGUIGNON M., 1965. LES ANCIENNES FORGES DE LACLAIREAU, Le Pays Gaumais, 26, Virton, pp.106-128.

VAN DROOGENBROUCK B., 1994. CHATEAU DE LACLAIREAU, APPROCHES DE REHABILITATIONS, Bruxelles (Mémoire de l'Institut Supérieur d'architecture Saint-Luc)

STIENON Ph., 1995.ETHE-LACLAIREAU. In : D'OTREPPE DE BOUVETTE H. & WODON B. (coord), Le Patrimoine Monumental de la Belgique-Wallonie, 21, Liège, pp.370-371.

WITKOWSKA B, 1998. LA VIE DE CHATEAU A LACLAIREAU, Weekend Le Vif - L'Express, 8, pp.26-29.





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